Secrets: l’Angélus

Clovis, un quadragénaire à la calvitie naissante et aux lunettes tristes et démodées, mène une vie bien rangée dans un petit village de province. Père de famille plutôt absent il a de plus en plus de mal avec ses  deux enfants, surtout avec l’ainé en pleine crise d’adolescence et sa femme avec qui la routine s’est installée depuis un moment. Autant dire que rien n’inspire Clovis dans son existence grise et monotone. On peut même dire qu’il est enfermé dans une prison dont les barreaux sont la monotonie du quotidien.

En déplacement à Paris, il décide de visiter le musée d’Orsay. Errant dans les couloirs sans vraiment prêter attention aux toiles qui l’entourent. Il  en vient même à se demander ce qu’il est venu faire dans un musée. Mais en passant devant le tableau de « L’Angélus » de Millet il est pris subitement d’un malaise.  Cette rencontre avec le tableau va être le début d’une lente transformation chez Clovis.

Comme l’indique la couverture, c’est un vrai puzzle que Clovis assemble peu à peu. Mais ce puzzle est double : les mystères que cache le tableau de Millet font ressortir peu à peu des bribes de souvenirs lui dévoilant peu à peu une partie de sa vie qu’il avait refoulé. Et au fil des pages, j’ai vraiment eu l’impression d’assembler les pièces de la vie de Clovis en essayant d’imaginer à quoi pourrait ressembler le tout au final.

Autre chose très plaisante, c’est la rencontre de Clovis avec la prof d’art plastique de son fils. Grâce à elle nous vivons, avec le protagoniste principal, une initiation à l’art. Là où certains profs m’ont dégoûté de l’histoire de l’art en cours, ce personnage a su en quelque sorte me réconcilier avec cette branche. Le fait qu’elle soit belle, attirante et sexy a beaucoup contribué. Rien à voir avec un des mes profs qui se douchait pas et qui disait que la saleté était bon pour l’homme. Le même qui lavait les pinceaux en les léchant… Bref, une belle initiation à « l’Angélus » de Millet et à Dali par la même occasion.

Mais la révélation de cette album est son dessinateur : José Homs, auteur espagnol, qui a entre autre dessiné Red Sonja. Des traits très détaillés et expressifs qui mettent superbement en valeur le scénario.  Sa mise en couleur sortant de l’ordinaire m’a surpris également. J’ai eu l’impression au gré des pages que les personnages évoluaient au début dans un monde terne sans vraiment de relief et que des touches de couleurs venaient peu à peu rendre le tout de plus en plus coloré et lumineux, comme si les couleurs était là pour accompagner Clovis dans la découverte du mystère de la toile et des secrets de son passé.

Bref, je dois avouer que j’étais sceptique quand mon libraire m’a chaudement conseillé cette BD. Il faut dire que j’ai un rapport plutôt émotionnel avec l’art. Je veux dire par là qu’un tableau doit provoquer en moi des sentiments pour que ça me plaise. La plupart du temps quand on doit m’expliquer une œuvre pour que je puisse l’apprécier, cela me fait presque tourner le dos à l’œuvre. Mais, parce qu’il y a un grand « mais », je dois avouer que Giroud aidé d’Homs ont su mêler le côté émotionnel avec une dose d’intellectualisation de l’art qui ne m’a pas laissé indifférent et qui m’a fait changer d’avis sur certains préjugés que j’avais sur cette forme d’art.  Je me suis même amusé à faire des recherches sur l’Angélus pour en savoir plus.

Seul point négatif tout de même, c’est trop court.  Vivement la suite.

Petite dédicace à Luc pour cette article.

Mig

Fan de tout ce qui se rapproche d’une BD, de jeux vidéo, jdr, des jeux de mot à 2 sous. Je vis à Geneva Beach city.

Aime : Écrire, dormir. Les averses d’été. Les siestes qui durent des heures. Mes potes.Avoir raison, même quand j’ai tort.

N’aime pas : Les gens qui se sentent supérieurs. Les choux. Avoir tort.

Balises:  , , ,

Laisser un commentaire